Et bim me revoilà avec un article qui sonne comme un “y a plus de saisons ma bonne dame”, non non ne partez pas 😀

Je vous rassure, aujourd’hui j’avais surtout envie de vous raconter comment mon rapport au “gâchis” a changé au fil des ans, et comment changer de point de vue avait été révélateur pour devenir moins bordélique (oui je suis une bordélique repentie).

Vous vous souvenez de cette énigme : comment relier ces neuf points avec quatre traits sans lever le stylo dont je vous avais parlé dans cet article ? Quand on fait cet exercice, souvent, on se cantonne au territoire du dessin (le carré) alors que personne ne nous a dit qu’on n’avait pas le droit d’en sortir. En sortir c’est trouver la solution.

Et j’ai l’impression qu’avoir changé mon rapport au gâchis qui m’a permis de sortir du carré et de voir les choses autrement et ça a été vraiment été essentiel pour trouver des solutions qui me facilitent la vie et je voulais vous raconter comment j’avais changé tout ça d’abord dans ma tête et ensuite concrètement chez moi.

(si vous vous interrogez sur l’image qui titre ce billet, il vient de la super boutique Etsy de The Warm Grey Company qui fait de très jolis sacs à papier géants)

Le gâchis et mon éducation

J’ai toujours été un véritable petit écureuil qui se garde plein de noisettes pour l’hiver, prudente, économe. J’ai été en partie élevée par ma grand mère qui gardait tout “au cas ou” et qui ne jetait rien, pour moi les greniers étaient des trésors.

Un objet presque neuf ou facile à rénover laissé sur le trottoir : “Quel gâchis ! Ramenons le à la maison”. On jette ce gilet troué “gardons en les boutons dans une boîte prévue à cet effet”.

Et puis on m’a seriné toute mon enfance qu’il ne fallait surtout pas faire de gâchis avec la nourriture.

Moi qui ne voulais jamais finir mon assiette, on m’a enseigné cette culpabilité que je devais ressentir quand on en arrive à jeter de la nourriture. Tu n’as pas fini ton assiette > on jette de la nourriture > c’est mal.

Je vois bien aujourd’hui que tout ça c’est aussi lié à une autre époque, d’autres habitudes, aussi le traumatisme de la guerre et du manque. Ces notions qu’on se passe d’une génération à l’autre alors que le contexte a changé et qui crée un décalage un peu bizarre.

J’ai donc grandi et atteint l’âge adulte avec cette notion bien particulière de ce qu’était le gâchis, il y en avait plusieurs que je catégoriserais ainsi (j’adoooore catégoriser) :

  • Gaspiller son argent en dépensant trop ou mal
  • Gâcher la nourriture en la jetant
  • Gâcher des produits neufs ou encore utilisables en les jetant

Le déclic

Et puis un jour, une petite phrase est venue émailler ces idées bien ancrées dans mon esprit depuis l’enfance. C’est une réflexion de mon mec (qui a reçu une toute autre éducation) qui a allumé une lumière dans ma tête. J’avais des fruits dans le frigo qui commençaient à s’abîmer et je lui ai dit qu’il fallait absolument qu’on les mange. Il m’a dit qu’il n’avait pas faim et je me suis agacée à l’idée de devoir jeter ces fruits parce que c’était du gâchis.

Il m’a alors répondu ça : “pour moi c’est beaucoup plus de gâchis de manger ces fruits alors que je n’ai pas faim, les mettre dans mon ventre quitte à ce que ça me rende malade c’est beaucoup plus du gâchis pour moi que les mettre à la poubelle”.

Je me souviens que l’idée à eu du mal à faire son chemin dans ma tête tant elle se prenait les murs de mon éducation dans la figure, elle a traversé un long dédale avant d’atteindre la raison : mais oui mais c’est bien sûr, comment est-ce possible que je n’ai jamais vu les choses de cette manière ?

Dans ma petite tête ça a tourné comme une toupie (tu l’as ?), et c’est tout un monde qui s’est ouvert à moi, j’ai commencé à réfléchir à tout ce que cette idée de gâchis avait construit comme murs dans ma tête pour empêcher de voir les choses autrement.

Les produits ou aliments que j’avais l’impression de “gâcher”

Ça vous est déjà arrivé quand vous vous maquillez de mettre trop de fond de teint dans votre main ? Moi à chaque fois que ça m’arrivait je me préférais tout me mettre sur le visage qu’avoir à en jeter. Quitte à me retrouver maquillée à la truelle (stupide).

Ou peut être ça vous est déjà arrivé de préparer une sauce et de mettre trop de sel ? Et plutôt que de tout jeter pour recommencer la sauce, manger une salade trop salée comme une punition pour cette impardonnable erreur ?

Bon je suis peut être toute seule je sais pas, mais avant je faisais systématiquement ça, ce qui est objectivement débile. Au finale j’avais mal au bide ou une tête de clown, on peut pas dire que j’avais gagné avec mon idée stupide de “pas gâcher”.

Mais bon, j’allais carrément trop loin, j’étais capable de manger une fraise moisie pour me donner bonne conscience. Je fais déjà hyper attention à ce que j’achète (bio et local) donc c’est assez rare que j’ai à jeter la bouffe, mon frigo n’est jamais plein à craquer et je suis très mesurée. Réfléchir avant d’acheter c’est beaucoup moins gâcher que d’avaler une poire pourrie quoi 😀

Ces montagnes d’objets que je n’osais pas jeter pour ne pas gâcher

Oui tous ces objets ou produits de consommation qui sont neufs ou à peine utilisés, presque pas abimés que je n’osais pas jeter parce que peut être, on sait jamais (et si ?) ça pourra me servir un jour.

Quand j’étais en école d’arts appliqués on nous encourageait à ramasser tout ce qu’on trouvait dans la rue pour le transformer en cours d’arts plastiques. Je vivais dans une chambre de bonne de 11m2 avec mon copain à l’époque, je vous raconte pas l’enfer et le bordel que j’accumulais là dedans. Comme j’étais déjà un véritable petit écureuil à la base ça n’a pas arrangé ma maladie.

Plus tard avec mon blog j’ai commencé à recevoir des tonnes de produits dont je n’avais pas spécialement envie, ça s’accumulait dangereusement dans mes placards de salle de bain.

J’ai été ce petit écureuil qui garde tout pour les jours de disette jusqu’à mes 33 ans je crois et un jour paf ça a changé radicalement d’un coup.

Je m’en souviens très bien, un jour j’essayais de trouver une place dans mes placards pour des super rollers que je venais de m’acheter et je n’en trouvais pas. J’ai eu le même déclic que pour la bouffe : j’ai compris qu’en me débarrassant pas de tous ces trucs hypothétiquement utiles pour ne pas faire de gâchis en fait je me gâchais carrément la vie.

Maintenant dès que je vois qu’un trucs prend de la place et que je ne l’ai pas utilisé depuis un an, j’essaie de le revendre, puis de le donner, et si personne n’en veut, je le mets dans le local poubelle de mon immeuble en général ça part en 1h et moi je respire.

La façon dont je pensais acheter raisonnablement pour ne pas gaspiller mon argent

La première chose que j’ai changé c’est cette idée que c’était stupide d’acheter plusieurs fois la même chose.

Il y a quelque chose qui m’avait toujours semblé bizarre dans les films ou les séries quand parfois le héros ouvre une penderie qui contient 6 fois le même tenue identique. Cela me semblait parfaitement absurde.

L’idée même d’avoir un produit en double me semblait un vaste gâchis : quitte à dépenser des sous autant se faire plaisir avec une multitude de choses.

Ca vous est sûrement déjà arrivé de tomber amoureuse d’un pull et de sa coupe et matière parfaite. Perso à chaque fois que ça m’est arrivé je l’ai acheté en 3 couleurs différentes “pour changer” pour me rendre compte 3 ans plus tard que j’avais mis le bleu marine 4 fois plus que les autres, qu’il est mort et que j’aurais mieux fait d’acheter trois fois le même. mais j’avais beau me le dire, acheter 3 fois la même chose se heurtait à ces petits murs dans ma tête.

Je n’ai pas commencé mon petit délire d’achats en double par les vêtements mais par un objet tout con : ma brosse à cheveux.

Un jour j’en ai eu marre de passer systématiquement 5 minutes tous les matins à chercher cette satanée brosse à cheveux et j’ai décidé d’en acheter 3 identiques : une pour la salle de bain, une pour le salon (où je me coiffe devant la fenêtre telle une déesse vite fait tous les matins) et une dans ma chambre.

C’était tellement trop cool que j’ai décidé de franchir le cap et faire pareil avec mes basiques de look. J’ai commencé par la mini jupe noire, mon basique été comme hiver.

J’en ai commandé 8 différentes sur Asos, je les ai toutes essayées à la maison. Et au lieu d’en garder 3 cools pour “changer” j’ai plutôt élu la grande gagnante que j’ai ensuite commandé en 3 exemplaires et j’ai renvoyé les 7 autres.

Maintenant j’achète une petite armée de vêtements identiques dès que je décèle un potentiel dans un vêtement que j’ai envie de mettre tous les jours. Et je crois que je n’ai jamais moins acheté que depuis que je fais comme ça.

Avant je trouvais que c’était complètement gâcher mon argent que de le dépenser autrement que dans plusieurs tenues différentes, et aujourd’hui je pense tout le contraire.

Bon attention, je n’achète pas TOUT en plusieurs exemplaires sinon ce serait complètement délirant : juste une sélection d’objets ou de vêtements dont je me sers quotidiennement.

La deuxième chose que j’ai décidé de changer c’est cette punition que je m’imposais quand j’avais fait une erreur d’achat :

Vêtement, objet de déco, meuble, si j’ai envie de m’acheter un truc sur un coup de tête et que je me rends compte que c’était une erreur j’ai arrêté de me l’imposer.

Avant dans ma tête je me disais : “ah tu l’as acheté ma fille maintenant tu vas pas t’en débarrasser tu assumes, sinon c’est vraiment du gâchis.”

Maintenant je me dis : “ce truc m’encombre, ne me sert à rien, il me gâche la vie, ciao.”

Typiquement dans mon appart, quand j’ai été prise d’une idée lumineuse chez Ikea en achetant un meuble sensé révolutionner ma vie et qu’une fois en place je réalise au bout de quelques semaines que c’était une mauvaise idée je prends une décision rapide : je revends, je donne ou je jette. Hors de question d’encombrer ma vie avec des erreurs comme une punition.

Mieux : j’achète dans la foulée ce dont j’ai vraiment besoin.

Ce que ça a changé chez moi

Concrètement, chez moi (pas moi moi, hein dans ma maison quoi ^^) c’est que tout est mille fois plus agréable à vivre

😊😊😊

  • J’ai de la place pour ce qui est utile, fini l’accumulation d’objets hypothétiquement utiles.
  • J’ai une penderie organisée, fini de chouiner quand ma jupe préférée est au sale alors que je sais pas quoi me mettre, fini de pleurer quand un vêtement cheap que j’adore arrive au bout de sa vie.
  • Je trouve facilement les choses chez moi, plus aucun objet du quotidien ne se ballade
  • J’ai toujours un aménagement fonctionnel il n’y plus rien qui m’encombre.

J’ai lu la magie du rangement de Marie Kondo quelques années après tout ça et je dois dire que même si je ne caresse pas mes chaussettes pour les remercier de me porter chaque jour et que je ne chuchote pas à mes robes d’été que leur tout va venir, je suis assez d’accord avec la plupart de ses principes. Elle apporte aussi une autre idée du gâchis en répétant page après page qu’apprendre à jeter c’est salvateur.

Jeter… vous m’auriez dit ça il y a 10 ans je vous aurais répondu que je ne trouvais rien de plus triste… Alors non je ne jette pas encore à tour de bras, j’essaie de revendre ou de donner. Marie Kondo estime que c’est encombrer une autre personne que de faire ça, je n’arrive pas à me décider si elle a raison ou tort…

 

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Cet article serait-il une ènième façon de m’excuser pour mon absence ? Oui et non, promis je vais essayer de faire mieux que ça 😉

Hier j’ai vu passer ce commentaire, qui m’a un peu énervée au début (je suis comme ça moi je bougonne toujours d’abord et je réfléchis ensuite). Et puis je me suis rappelée que je vous avais quand même habituées à poster souvent ici, et ça se change pas si facilement les habitudes.

J’ai essayé de donner le change en re-publiant certains articles que j’aime vraiment, mais hé hé vous n’êtes pas dupes, je le sais bien.

Alors : “Où est passé mon blog favoris”

Il est en pause oui c’est vrai. En pause parce que j’ai décidé de prendre du temps pour moi.

J’en avais vraiment besoin, et j’en ai toujours besoin : je tournais en rond comme un lion en cage, j’en avais marre, je voulais faire des changements. Mais ça je vous en ai longuement parlé dans cet article donc je vais pas vous la refaire.

Aujourd’hui je voulais plutôt vous raconter ce que ça me fait de prendre ce temps pour moi, parce que vous en avez peut être besoin aussi et vous le savez pas, ou ça vous arrivera un jour et ça vous donnera des idées ^^

Ca peut sembler bizarre que j’ai besoin de moins poster ici pour le prendre, ce temps pour moi. Quand j’ai commencé ce blog il y a 10 ans, m’en occuper c’était justement prendre du temps pour moi. Mais avec le temps, les années, l’habitude, j’avais fini par faire les choses de façon trop mécanique parfois, me mettre la pression pour publier 3 fois par semaine et ça fait 6 mois que je prends du recul là dessus (c’est long j’avoue).

Oh ne vous inquiétez pas, je dis exactement la même chose à mes amis que je vois moins récemment, parce que je prends ce temps pour moi. Quand je ne suis pas en train de travailler chez Un beau Jour, je suis chez moi et je bosse sur tout ça, je réfléchis, j’explore, je lis des blogs étrangers.

Je vous rassure aussi, j’ai toujours ces moments d’inspiration sous la douche pour des articles de blog, et je me les note tous pour plus tard (la liste s’allonge pas mal d’ailleurs).

Maintenant que vous êtes rassuré(e)s, qu’est ce que ça me fait donc de prendre ce temps pour moi ?

 

1 – Ça me fait peur

Oui je flippe, j’ai l’impression que je suis en train de vous signer un billet d’absence bidon parce que j’ai raté le cours d’anglais et que je vais me faire convoquer par la CPE d’internet. J’ai écrit ce blog a raison de 3 articles par semaine pendant 10 ans, du coup, là chaque semaine sans article me fait flipper à mort (j’étais du genre à jamais sécher les cours en fait).

D’ailleurs il est 22h, je vous écrit avec ma serviette de bain sur la tête parce que je suis sortie en vitesse de ma douche créative du soir pour taper ces lignes sur mon clavier, ça pouvait pas attendre. Résultat ma frange a séché n’importe comment et j’ai une tête de cul ! Parce que j’ai la trouiiiiiille !

Et C’EST BIEN : la trouille ça donne des idées, ça donne envie d’être meilleur ça redonne un coup de boost. Alors ça fait des ptits noeuds dans le ventre parfois (mon dieu mes lectrices vont m’oublier O_O) mais ça vaut le coup !

 

2 – Fini les excuses

Avant ça quand j’avançais pas dans mon planning de mes projets persos je me disais “mais j’ai pas le temps”, superbe excuse pour ne pas avancer. Maintenant que j’ai temporairement arrêté mes 3 articles par semaine je n’ai plus aucune excuse pour ne pas avancer.

Même si je m’occupe aussi beaucoup de ma boîte (où je suis tour à tout gérante, responsable RH, general manager, DA, chef de projet web, directeur artistique, photographe, commerciale j’en passe et des meilleures) j’ai dégagé du temps et je n’ai donc plus d’excuses pour ne pas développer ce qui me fait envie.

 

3 – Je développe mes projets

Je me suis aussi lancée aussi à fond à fond à fond dans le workshop que je prépare pour la fin du mois. Parce que j’en avais envie depuis longtemps, donner des cours et animer des ateliers c’est un truc que j’ai toujours rêvé de faire (genre entrer dans une classe et écrire mon nom sur le tableau avant de m’assoir sur le bureau c’est mon fantasme ultime hahaha).

Ce workshop c’est un nouveau défi pour moi et ça me passionne. Je suis manager depuis 10 ans maintenant et je me suis rendu compte que j’aimais vraiment ça aider les autres à tirer le meilleur d’eux même en leur apprenant ce que je sais (vous êtes nombreuses à vous y être inscrites et à m’avoir fait confiance, je suis surexcitée !).

Alors ça me prend pas mal de temps et ça a été dur parce que j’ai dû apprendre plein de choses cette année pour y arriver. Et même si je suis fatiguée je suis hyper heureuse d’avoir donné sa chance à ce projet qui me motive à fond !

Je n’aurais jamais pu faire tout ça si je n’avais pas pris du recul, ce temps pour moi, si je n’avais pas provoqué ce chamboulement, cette peur.

Si vous avez un gros projet qui vous tient à coeur et que vous voulez le développer sans y arriver depuis des années vous aurez peut être besoin de mettre ce genre de système en place. Abandonner temporairement un loisir qu’on aime vraiment ça déstabilise un peu, c’est dur, mais ça peut être vraiment productif, je m’en suis bien rendu compte en arrêtant un peu ce blog.

 

4 – J’ai réalisé que je vous aimais

Oui c’est bête je vous l’ai jamais dit je crois. Probablement parce que je pense que je ne vous ai jamais aimé(e)s comme j’aurais dû. A force de faire les choses de façon trop mécanique je m’était éloignée de vous.

Et puis ces derniers mois à travers vos commentaires, les réponses à mes questionnaires (oui j’ai été très curieuse ^^), le nombre croissant que vous êtes à vous abonner à ma newsletter, vos petits mots par mail, j’ai réalisé que je vous aimais…

Je suis quelqu’un de très timide même si ça ne se voit pas parce que je peux aussi être exubérante. Et pour me protéger j’ai longtemps mis une grosse barrière entre vous et moi. Et il a fallu que je déserte ce blog pour qu’elle tombe.

Alors voilà je vous aime <3

 

5 – I’ll be back

Voilà, tout ça pour vous dire que ça vaut drôlement le coup de prendre tout ce temps pour soi parce que ça donne des ailes et ça permet de réaliser plein de choses dont on s’était jamais rendu compte. Alors même si c’est pas facile et que ça fait peur, si vous en avez besoin, n’hésitez pas ^^

Et si vous voulez quand même râler parce que je poste plus allez y et puis dites moi ce que vous aimeriez trouver quand je vais revenir pour de bon ça m’aidera à faire le tri dans ma longue liste d’idées d’articles en attente 😀

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Cette phrase en réalité je la sors à mon mec au moins une fois par semaine, quand je chouine que j’ai la flemme d’aller me faire un thé dans la cuisine (alors que dans mon studio, j’ai compté, j’ai exactement 8 pas à faire pour y aller).

Je vous parle de flemme, de procrastination et de paresse depuis un peu plus d’un mois maintenant. On a fait un petit tour d’horizon de nos techniques de procrastination (vous m’avez régalée avec vos moments), on a réfléchi à ce qui nous empêchait vraiment d’avancer et décidé d’arrêter de se sentir coupable quand on n’avait rien glandé, on a même bien développé cette idée qu’on pouvait être super créatif quand on est motivée par l’idée de ne rien faire.

Aujourd’hui je voulais vous parler des petits tracas nuls du quotidien qui sont un peu les midichloriens de la flemme (pardon si tu es pas fan de Star Wars, ce sont les milliers de micro-organismes qui composent la force, Luke en a beeeeeaucoup).

Parce que oui, le quotidien c’est plein plein plein de petits tracas, auxquels on n’accorde jamais assez d’importance, on les subit et on ne fait rien pour les changer parce qu’on se dit qu’il y a plus grave dans la vie.

Moi par exemple j’ai longtemps commencé ma journée par détester me lever parce que le sol était froid au pied de mon lit. Tous les matins je me levais avec cette sensation désagréable.

“Eh ho tes problèmes de blogueuse mode hein, y a la guerre dans le monde, tu lis les journaux un peu ?”

Oui je sais, ça peut paraitre stupide comme idée, mais j’y ai toujours accordé de l’importance. Pas pour m’en plaindre bien sûr (tout le monde s’en fout en vrai), mais pour m’en débarrasser. Parce que quand on se met à lister absolument tous nos plus petits tracas du quotidien et qu’on les met bout à bout on se rend compte que ça fait un paquet de petites choses qui pompent de l’énergie TOUS LES JOURS et qui nous empêchent souvent d’avancer sur ce qui nous importe le plus.

C’est comme aller se balader pour se détendre et avoir un caillou dans la chaussure, une étiquette de culotte qui gratte et un cil dans l’oeil. Ces petites choses en apparence inoffensives vont tout simplement vous pourrir toute la balade.

S’en débarrasser c’est partir de bon pied pour une destination beaucoup plus passionnante, et se sentir enfin l’énergie de faire des choses qui nous rendent meilleurs et nous font du bien (créer, écrire, voyager, ou tout simplement rêvasser…)

Je sais pas si ça vous a déjà travaillé tout ça ?

En tous cas, moi qui y réfléchissais déjà pas mal avant (ça m’a toujours obsédée un peu), c’est devenu mon sujet de réflexion numéro 1 sous la douche le matin (aka mon grand moment d’inspiration de la journée).

Parce que, je vous en ai rapidement parlé la dernière fois, mais je travaille en parallèle de ces articles à un workshop de domptage de flemme. J’y travaille comme une folle même.

Et il est prêt, ça y est, je vous avoue que j’avais plus le trac que hâte de vous le présenter. Mais ça y est j’y suis, j’ai pas mal repoussé ces dernières semaines en faisant autre chose dès que ça me faisait trop peur, mais j’y vais. Mon workshop est prêt !

Tu veux plus de créativité et moins de procrastination dans ta vie quotidienne ?

Si tu veux apprendre avec moi comment réorganiser ton quotidien pour arrêter de procrastiner et développer tes projets persos.

Entre ton prénom + ton email préféré et clique sur “Allez hop ! On y va !”

EN ROUTE POUR L'AVENTURE ?

Le matin j’ai pas le temps et le soir j’ai la flemme

Je vous rassure, je ne vais pas vous faire jeter toutes vos affaires ou vous conseiller de vous lever à 6h pour faire de la méditation pour enchaîner sur 1h de sport. C’est pas trop mon truc, ma démarche n’est ni minimaliste, ni productiviste.

Je ne suis pas le maître zen des temps modernes (j’ai mes angoisses), pas la cuisinière du siècle (je cuisine assez rapidement et on ne se bouscule pas pour dîner chez moi), pas l’entrepreneur de l’année (j’ai une petite boîte où on n’est pas hyper riches mais où on aime ce qu’on fait), pas la fille la mieux habillée de Paris (mais mon uniforme me plaît vraiment)…

Je ne suis la meilleure en rien, mais par contre je me sens de plus en plus en paix avec toutes ces questions à mesure que j’élabore mes routines quotidiennes pour dompter ma flemme et être efficace sans avoir l’impression de me forcer.

Je n’aspire qu’à une chose dans la vie : avoir du temps pour vivre. Avoir le temps d’avoir la flemme sans culpabiliser. Et pour ça j’ai plein de méthodes élaborées au fil des années.

Je vous avais promis de ne pas faire un article avec “10 conseils anti procrastinaton” parce qu’il n’y en a pas, par contre des conseils pour comprendre sa procrastination et agir en voilà 3. Voilà donc mes 3 conseils les plus farfelus pour apprendre à dompter sa flemme.

3 idées farfelues pour apprendre maîtriser la flemme sans tomber du côté obscur

Je vais me consacrer plus à la flemme des tâches quotidiennes qu’à la flemme du travail parce que les mécanismes sont assez différents (et il vaut mieux commencer par la vie quotidienne avant de passer au travail, c’est beaucoup mieux dans cet ordre là, car le vie quotidienne influe pas mal sur le travail).

Et pour illustrer ça j’ai pris un exemple des plus glamours qui sera le fil rouge de cet article donc : ma grande flemme de changer les sacs poubelle (du blog mode au blog ménage il n’y a qu’un pas) et pourquoi ça me pourrissait la vie (j’ai vraiment de gros problèmes dans la vie je sais c’est insoutenable).

Conseil n°1

Le côté obscur de la flemme ne pas redouter tu dois

Souvent on a la flemme de faire un truc pour des raisons nulles, vraiment super nullles, genre carrément la honte. Et tant qu’on s’est pas posé la question pour des choses très précises on ne réalise pas à quel point.

Je m’explique : Il y a plein de petites choses dans votre vie quotidienne qui vous agacent mais que vous n’osez pas regarder parce que ça semble parfaitement ridicule de s’en plaindre (vous vous dites qu’il y a clairement plus grave dans la vie).

Moi j’ai eu par exemple : “Mon chargeur de téléphone est branché trop loin du canapé je peux pas le charger en même temps que je m’en sers devant la télé, ouiiiin”. “Ce que ça m’énerve tous ces rouleaux de papier toilette terminés que j’ai la flemme d’aller jeter”. Et le fameux “Hors de question de changer ce sac poubelle c’est trop chiant”.

Si franchement j’appelle ça des problèmes c’est vraiment qu’il faut que j’aille m’acheter une vie non ? C’est probablement ce que vous me direz si je viens me plaindre de tous ces petits problèmes du quotidien qui m’emmerdent.

Il ne faut s’en plaindre à personne (et puis tout le monde s’en fout), bien sûr, juste l’admettre. Admettre que tous ces petits problèmes nuls de la vie quotidienne existent, qu’ils nous agacent tous les jours et qu’on y perd son énergie à petits feu. Et qu’on va les résoudre un par un.

J’en viens maintenant à ma flemme chronique de changer le sac poubelle (glamour toujours). Comme ma poubelle se remplissait vite je tassais, je tassais, le sac craquait, ma poubelle puait, ma cuisine puait, mon appart puait. Ca puaaaaaaait !

Pourquoi j’avais la flemme ? Je pensais que c’était à cause de tout le process : tu changes ta poubelle et après il faut la sortir. Je pensais que j’avais la flemme d’aller au local poubelle. Mais un jour je suis allée dans ma cuisine. J’ai regardé ma poubelle et là (cette histoire est palpitante décidément) j’ai réalisé que j’avais la flemme juste parce que les sacs poubelle étaient rangés dans une autre pièce. Voilà, mon appart puait parce que j’avais la flemme d’aller dans une autre pièce. C’est con hein, c’est la honte on préfère pas y penser en fait quand on réalise comment on en arrive à avoir son appart qui pue parce que c’est un effort trop grand de faire 10 petits pas.

Vous aussi vous avez peut être une poubelle qui vous emmerde tous les jours mais avec une flemme qui se situe à un autre niveau : peut être que de votre côté vous avez la flemme parce que la poubelle est trop grande et lourde ou que le sac n’a pas de liens coulissants et vous détestez aller décrocher cette petite ficelle rouge pourrie (vous avez voulu économiser 37 centimes et voilà) etc…

Exercice pratique :

Prenez un carnet et faites le tour de votre appartement, notez tous les petits trucs que vous avez souvent la flemme de faire, des petits trucs du quotidien qui ne sont jamais faits, des trucs en apparence tout bête. Notez les tous sur le papier et réfléchissez à la raison pour laquelle vous ne les faites pas.

Pour la trouver il faut que vous remontiez le problème en suivant votre flemme comme une sorte de fil d’ariane. Soyez super honnête avec la raison qui vous empêche de faire quelque chose, et n’ayez pas peur d’écrire un truc super con (je vous préviens pour les sujets du quotidien c’est souvent de la grosse flemme de la honte).

Ca peut être : j’ai la flemme de ranger mon sèche cheveux parce que le fil est trop long et s’emmêle partout, j’ai la flemme de me démaquiller parce que c’est trop d’efforts de sortir le démaquillant, un disque de coton, me démaquiller et ranger tout ça après, ou enfin j’ai la flemme de mettre mes affaires du jour au sale parce que le panier est dans la salle de bain et je me déshabille dans ma chambre c’est trop loin.

Conseil n°2

Sens la flemme qui est en toi, écoutes la

Votre flemme est un enfant capricieux et il faut céder tout simplement à ses caprices, parce qu’on a autre chose à faire de son énergie que de ranger tous les week end les objets qu’on a laissés derrière soi toute la semaine.

Et aussi, il vaut mieux céder que se faire des promesses inutiles “A partir de maintenant je ne laisse plus traîner mon manteau sur cette chaise, je suis organisée, je le range sur un cintre dans le placard de l’entrée” (alors qu’entre 1 étape et 3 étapes, au quotidien vous aurez vite fait le choix). En fait si vous le faites pas c’est qu’il faut penser autrement et imaginer des rangements qui s’adaptent à vous (pour le manteau : une patère et zou plus de manteau sur la chaise).

Pour ne pas avoir la flemme il faut que les choses soient à la place qui vous demande le moins d’efforts (physiques et intellectuels) pour le ranger. Quand on a la flemme de ranger un truc c’est qu’on a mal choisi où et comment il devait être rangé tout simplement.

Observez donc où les objets atterrissent naturellement, où vous les laissez derrière vous après utilisation. Ca ne sert à rien de se forcer : ni soi, ni ceux qui vivent avec vous (en plus ça rend insupportable et on finit vieille seule avec ses chats). L’important ce n’est pas que les choses ait une place mais qu’ils aient LA bonne place pour tout le monde.

Bon, et mon histoire de sac poubelle, j’ai fait quoi moi, je sens que vous êtes en haleine je ne vais pas vous laisser comme ça.

Quand j’ai mis le doigt sur la raison pour laquelle je ne changeais pas mon sac poubelle ça m’a fait un peu rire et je me suis dit “haha mais quelle raison nulle la solution est toute simple en fait” : j’ai rangé mes sacs poubelles neufs au fond de ma poubelle, oui sous la poubelle en cours. J’ai fait ça avec mes 3 poubelles de l’appart, j’ai acheté 3 rouleaux de sacs poubelles et j’en ai mis un au fond de chaque poubelle. Quand je la sors pour la changer, ils sont juste là hop hop c’est vite fait. Alors c’est pas comme ça qu’on fait normalement mais moi ça me va très bien ^^

Vous pouvez apporter des solutions rien qu’à vous pour ces petits problèmes du quotidien, même si ça pourra sembler bizarre aux autres, y a pas de protocole à suivre, on y va ! Oui ma mère rangeait ses sacs poubelle dans le placard de l’entrée et ba je vais pas faire pareil parce que je trouve ça pas pratique, OSEF.

Dans le même genre vous pouvez aussi : avoir la flemme de ranger votre sèche cheveux dans un tiroir tous les matins (alors mettez le dans un pot là où vous l’utilisez) ou plier vos pulls en laine tous les soirs (alors qu’on s’en fout ça froisse pas, hop en boule dans le tiroir à pulls).

Exercice pratique :

- Prenez votre carnet et prenez le truc que vous avez noté qui vous énerve tous les jours et notez exactement :

- Ce que vous ne voulez plus faire

- Comment vous voulez le faire (notez une idée, même complètement farfelue qui vous semblerait être une façon de faire qui vous conviendrait mieux).

- Faites le, testez le, voyez si ça résoud le problème.

- Et si c’est le cas prenez le reste de la liste point après point.

Conseil n°3

Si la flemme n'est pas avec toi, profites-en

Votre flemme a ses secrets honteux (point numéro 1), ses caprices (point numéro 2) mais aussi ses moments de distraction. Et il faut apprendre à repérer ses moments de distraction, où elle semble être absente, vous laissant le champ libre pour faire des trucs que vous avez la flemme de faire en temps normal.

Ainsi, j’ai remarqué qu’il y avait un moment précis dans la journée où je n’avais absolument pas la flemme de faire des tâches quotidiennes relous : laver la vaisselle, mettre une lessive en route, nettoyer l’évier, etc…

Ce moment précis est court mais efficace : le soir quand je viens juste de rentrer du travail, pendant ¼ d’heure je fais ça sans me forcer, sans que ça me coûte quoi que ce soit. Je ne suis plus au travail et pas encore en train de décompresser chez moi, je suis encore dans l’énergie du trajet du retour. Et depuis que j’ai identifié ce moment je l’exploite à mort, j’essaie de l’étirer le plus longtemps possible. Genre quand j’ai envie d’arrêter au bout de 10 minutes, je me dis allez encore juste 5 minutes et j’arrête.

Et mon histoire de sac poubelle du coup ? Parce que je l’ai changée ma poubelle mais la vieille elle traîne dans l’entrée depuis, si j’ai la flemme d’aller dans une autre pièce je vous dis pas celle de mettre des chaussures et un manteau pour aller au local poubelle de mon immeuble .

Ba c’est tout simple j’y vais quand je rentre le soir, je réfléchis pas, je rentre, je l’attrappe, je vais la jeter, pif paf pouf. Comme je sais que c’est le moment ou jamais sinon ça va encore puer la poubelle j’y vais sans réfléchir avant d’enlever mon manteau. La vieille poubelle je la pose donc toujours devant ma porte d’entrée quand je la change.

Vous aussi vous avez forcément un moment où vous faites un peu les choses en pilote automatique : ça peut être quand vous faites cuire un truc dans la cuisine, au lieu d’attendre les bras croisés vous avez peut être soudain envie de nettoyer l’évier (puisque vous êtes coincée dans la cuisine autant faire quelque chose), ou bien le matin en vous levant, pour démarrer vous faites peut être du rangement dans la cuisine en attendant que votre eau pour le thé ne bout ou que votre café soit prêt.

Exercice pratique :

Réfléchissez aux moments où vous faites les trucs chiants en dehors des week ends. Genre cette semaine, le moment de la journée sorti de nulle part où vous avez miraculeusement passé un coup d’éponge dans l’évier alors que ça vous esclave d’habitude, c’était quand ? C’est peut être votre moment magique, et quand vous l’aurez identifié vous pourrez apprendre à l’étirer.

Le plus dur pour faire ce genre de truc chiant c’est de s’y mettre, pas de le faire, quand vous aurez trouvé le meilleur angle de tir vous serez inarrêtable !

Adieu minis tracas du quotidien dévoreurs d’énergie !

Bon, si vous arrivez jusque là c’est que vous ne me prenez pas complètement pour une tarée qui fait une liste des petites emmerdes honteuses du quotidien et qui vous parle de ses problèmes de poubelle. Au mieux vous vous dites que ça se tente et c’est cool !

Et si vous ne me croyez toujours pas pensez à tous vos petits tracas du quotidien : chacun de leur côté c’est rien, franchement c’est pas grave. Mais si vous en additionnez ne serait ce qu’une vingtaine ça fait un paquet de petites choses qui vous pompent votre énergie TOUS LES JOURS.

Et ce qu’il faut faire c’est les identifier, les admettre et les résoudre pour se libérer l’esprit de ces minis tracas du quotidien et faire de la place dans sa tête pour des choses plus passionnantes.

En résolvant ces petits tracas vous allez récupérer de l’énergie, de la place dans votre tête et surtout du temps dans votre agenda pour faire autre chose : des projets créatifs, des activités qui rendent meilleur et vous font du bien, ou même ne rien faire tiens. Vous en ferez ce que vous voulez !

Ca peut être : réussir à dormir plus, être plus zen, avoir le temps de petit déjeuner, avoir plus de temps pour lire, avoir envie d’aller se coucher le soir, aller faire du sport, finir ce post de blog qui traîne dans vos brouillons, commencer ce patron de couture, …etc.

Moi en tous cas je sais que c’est ce qui m’a permis de réaliser mes projets ces 5 dernières années, ma vie a changé le jour où j’ai arrêté d’essayer de faire comme tout le monde et où j’ai décidé de résoudre tous ces micro problèmes et ne plus avoir à me prendre la tête tous les jours ^^

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