dinde

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Il trône dans ma salle de bain, sur le rebord de la baignoire. Il me rappelle chaque jour à quel point je suis une dindasse influençable… Le 3 minutes miracle de la marque australienne de shampooing Aussie.

J’ai craqué l’an dernier à Londres : la pub dans le métro était pleine de promesses « I’m no angel but I have the hair of one » ou un truc du genre… Sur la photo, une longue chevelure brillante, un sourire, un flacon qui m’appelle. Ni une ni deux, je traîne mon Vianney au premier Boots du coin des étoiles plein les yeux. Je me vois déjà agiter ma crinière au ralenti comme dans les pubs, je suis sur le point de mettre la main sur un produit miracle (et lui ne comprends rien, tsss).

Au rayon shampooing, je découvre la gamme complète de la marque : whaaaaa du shampooing venu d’Australie avec tout plein de parfums bizarres, je suis aux anges… J’embarque 3 produits, complètement hypnotisée par le petit kangourou du logo. Boing boing boing, fait le petit pois dans ma tête.

Le soir à l’hotel, je le sors de son sac comme si je détenais là une sorte de graal féminin, le remède anti-cheveux moche, la fin des « bad hair days », le rêve quoi. Je contemple mon butin magique, je souris niaisement comme si je m’apprêtais à purifier mon âme à travers mon cuir chevelu et je commence mon rituel du shampooing.

En rêvassant sous l’eau chaude je commence à imaginer une anglaise à Paris, découvrant avec le même émerveillement une gamme de shampooings « petit marseillais », rentrer chez elle, en humer le parfum au bord de la baignoire comme dans une pub et se laver les cheveux au bord de l’extase. La mousse commence à ne plus être aussi douce, mon sourire décline progressivement, je me sens bête.

Et plouf… Le rêve de ma chevelure de déesse est parti en gargouillant avec l’eau de rinçage dans les tuyaux de mon hotel londonnien.

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Parce qu’il est bon de reconnaître de temps en temps qu’on est une petite connasse parisienne avec des idées étroites de parisienne. Encore que, je ne pense pas que mon petit délire shampooinesque ne concerne que les parisienne, non tiens, encore une idée de parisienne de se croire seule au monde !

Bon allé, crache ta valda, c’est quoi ton problème aujourd’hui avec tes tifs ? Et bien justement, je n’en ai plus les gars ! Quoiiiiii ? Une fille qui n’a pas de problème avec ses cheveux ? Tututut, trêve de mensonges, j’ai MOINS de problèmes, grâââââce à mon nouveau shampooing. Et attention, mon sauveur est le dernier cheval sur lequel j’aurai parié les p’tits loups car c’est le head & shoulders fraîcheur menthol, ouais, même que si tu fais pas gaffe tu le prendrai pour un déo chiottes perdu dans la salle de bain. Pas glamour hein ? Mais qu’est-ce qu’on s’en fiche ! Ma tignasse brille et j’me la pète avec ma crinière de lionne (pffff ok on me signale que je m’égare là).

Non, plus sérieusement, ça faisait des années que seuls des shampooings de pharmacie, soigneusement sélectionnés, n’effleuraient mes cheveux chéris et difficiles. Qu’est-ce que j’y croyais moi à ces shampooings, plus ça puait plus j’y croyais même (alors que, hé, je le savais bien, c’était aussi du marketing). Toujours est-il que payer mon shampooing couleur mélasse une bombe me satisfaisait au plus haut point.

Si vous aviez vu comme je les regardais avec mépris, les shampooings de supermarché de mon fiancé, indignes flacons flashys posés là, à côté de mes mixtures sur le bord de la baignoire. Et puis un jour de pénurie, je me suis forcée, non sans exprimer mon dégoût d’une grimace bien sentie, à lui emprumpter une de ses horreurs. Pouark, le head & shoulders, bleu ciel comme du cif fraîcheur marine, je me le suis fait mousser du bout des doigts et j’ai rincé ça vite fait comme si rien ne s’était passé.

Et là… Après brushing, un petit miracle, mes cheveux étaient brillants, doux, légers, une vraie pub. J’ai dû admettre mon snobisme, et ai adopté ce shampooing moche mais efficace. Depuis, tous les deux, on ne se quitte plus ! Happy end :).

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