connasse

Gamine quand on me demandait ce que je voulais faire plus tard j’étais bizarrement incapable de répondre…

Pas d’infirmière, de pompier, de maîtresse d’école ou de vétérinaire, du plus loin que je m’en souvienne je n’ai jamais su répondre à cette fichu question.

Et cela m’angoissait sacrément ! Ma sœur enchaînait les propositions : « riche » (3 ans), « maître chien » (12 ans), « assistante sociale » (15 ans), « psychologue » (20 ans) et moi toujours rien. J’ai écumé les CIDJ du collège au lycée, épuisé les conseillères d’orientation, fait des centaines de tests qui me renvoyaient les mêmes incohérences, l’angoisse !

J’ai donc suivi la voie scientifique qui ne me fermait aucune porte, mais j’étais toujours tiraillée : j’avais une petite âme d’artiste et un cerveau gauche pourtant bien opérationnel, difficile de choisir. Quand j’ai révélé à petits amis de première S que je voulais peut-être faire des études d’art, tout le monde a rigolé, non mais oooh !! Pas de saltimbanques sur les bancs des cours de maths, non mais quelle idée… J’ai remballé mes rêves et ai finalement décidé de suivre une voie plus sage : j’allais être ingénieur, si si, j’y croyais à mort.

Ce n’est qu’une fois en math sup PCSI (physique, chimie, science de l’ingénieur) que j’ai compris ma douleur, même si je ne m’y débrouillais pas trop mal je savais au fond de moi que je n’étais pas faite pour ça (sans pour autant en savoir plus sur mes réelles envies, aaaahh). J’ai donc quitté ce chemin prestigieux et bien tranquille et je me suis vraiment posée pendant de longs mois pour savoir comment concilier mes envies d’artiste et mon esprit scientifique.

L’architecture s’est alors imposée ! C’était décidé, j’allais être architecte, mais oui bien sûr ! J’ai donc postulé dans toutes les écoles de Paris, et tiens, pour le fun l’architecture intérieure aussi et zou j’envoie un dossier à l’école Boulle. C’est là que finalement mon acharnement de lycéenne pour entrer en math sup a payé : avec le dossier scolaire que j’avais préparé, j’ai été acceptée partout, et dès qu’il a fallu aller récupérer des avis élogieux sur mon travail mes anciens profs en ont écrit des tartines, yeahhh :D

Quelques mois plus tard, sans trop y croire, me voilà acceptée à l’école Boulle. Et j’y trouve enfin ma voie : plus rien ne me semble alors être du travail car tout me plaît. Je ne descends jamais en pause, comparé à mes études précédentes, je me sens déjà en pause !!

J’ai passé 5 ans dans cette école, où j’ai finalement fait bien plus que de l’architecture intérieure : de la comm, du design objet, un peu de sémiologie, de l’évènementiel, du graphisme… Un diplôme supérieur d’arts appliqués en poche, j’ai directement été embauchée par l’oréal en tant que chef de projet en merchandising. Je n’étais pas peu fière et je pouvais enfin mettre un nom sur ce que je faisais dans la vie. Les gens prenaient même des airs entendus quand je leur annonçais ma fonction.

Et puis, au bout d’un an je me suis rendu compte que j’avais reproduit la même erreur qu’en math sup : choisir une voie royale dans laquelle je ne m’éclatais pas forcément, tranquille, dans laquelle je pouvais me projeter sur 10, 20 ans ! Et j’ai flippé… Je suis partie.

J’ai un peu erré pendant 1 an, et maintenant je suis à moitié en agence, à moitié free lance. Je ne sais toujours pas ce que je veux faire quand je serai grande, d’ailleurs si vous me demandez aujourd’hui ce que je fais dans la vie je vous répondrais « euhhh plein de trucs, ça dépend…. »

Sauf que là ce flou artistique je l’ai choisi ! J’aime ne pas savoir ce que je ferai dans 1, 2 ans, plutôt que de m’angoisser ça m’ouvre le champ des possible et ça me plaît drôlement. Cela me donne vraiment des ailes…

Alors maintenant j’ai enfin la réponse : je ne sais pas et je ne veux pas savoir !

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*Pourquoi ce billet ? Et bien parce que je reçois pleeeeiin de mails d’étudiants perdus qui ne savent pas quoi faire pour s’orienter… J’espère que ça les aidera :)

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