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Les petons de Natalia Vodinova

Ça vous est déjà arrivé de ne pas vous sentir à votre place ? D’être là à jouer presque la comédie en pensant qu’à tout moment on va vous démasquer, d’avoir le sentiment de « jouer à la grande » comme quand vous étiez petite mais pas pour du beurre ?

Lundi j’étais en plein dedans : ramener mes seuffes au Bristol pour poser des questions à Natalia Vodianova, rester sagement assise à l’écouter, regarder mon voisin jouer encore plus au grand que moi avec son dictaphone. Je n’avais rien de bien intelligent à lui demander alors j’ai fermé ma bouche, et fait clic clac avec mon appareil en essayant vainement de tirer quelque chose qui me plaît de ce moment un peu étrange pour moi.

Dans ces moments là je me dis que même si je n’arrive pas à faire ce que j’aimerais, me cacher derrière un appareil photo c’est clairement ce qui me va le mieux : ça me donne une contenance, je fais la chasse à LA bonne photo (mais qui parfois n’arrive jamais) et ça m’excite un peu, je n’ai pas besoin de parler parce que les gens pensent que mes images parleront pour moi, on ne vient pas me parler parce que j’ai l’air très concentrée. Je suis une putain d’asociale parfois… (Oui je pense à tout ça pendant que tout le monde fait son travail sérieusement).

Je regarde Natalia et je la trouve rassurante, sa coiffure n’est pas au top, mais elle est toute mignonne, elle n’a pas trop peur de se montrer comme ça, c’est chouette. Bon je vous rassure elle a quand même la classe avec sa jolie veste, mais tout de même, j’ai bien aimé ce petit côté mal réveillée.

Je sais qu’elle ne peut pas dire exactement tout ce qu’elle pense au fond et répondre très franchement aux questions sur sa collection pour Etam, parce qu’on fait tous ça, on est polis, bien élevés, et on fait notre travail. Et puis on n’est pas là pour ça.

Clic clac, le temps de prendre en photos les jolies tasses du Bristol, je retourne travailler en attendant d’aller voir le défilé du soir qui est devenu un petit évènement depuis l’an dernier. J’aime pas les défilés, je me sens encore moins à ma place, mais ce jour là j’ai décidé de braver les talons de 12 et d’enfiler mon costume de blogueuse mode (je mets toujours mon perfecto YSL dans ces cas là, je suis pathétique).

Sur place, j’ai pas mon invit, jamais reçue. Je me fais donc refouler 3 fois avant qu’on s’occupe de moi, c’est pas grave, j’avais prévu de laisser mon égo à la maison de toutes façons. Mais ma place juste derrière Natalia Vodianova et Adrian Brody me fais un peu remonter dans ma propre estime (ha ha comme c’est ridicule).

Une journaliste assise à ma droite éructe : « Ok on va voir les Sister Sledge et Gloria Gaynor, mais c’est n’importe quoi les front row à ce défilé, y a personne de la presse, on n’est vraiment bons qu’à leur pondre des papiers à la con ». C’est si drôle, si elle savait que la petite rousse à sa gauche qui joue à Bejeweled blitz sur son iPhone n’est qu’une petite blogueuse elle avalerait son invit.

Qui est vraiment à sa place ce jour là finalement ? (phrase philosophique de fin de billet, je suis rudement en forme ce matin).

Les Sister Sledge quand même ^^

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